Le Core Web Vitals Technology Report, publié par la communauté open source HTTPArchive, compare les systèmes de gestion de contenu selon leur capacité à satisfaire les indicateurs de performance web définis par Google. La mise à jour de juillet révèle une progression généralisée par rapport à juin, mais avec des degrés d’amélioration très variables. Sur l’intervalle observé, Joomla enregistre la plus forte hausse mensuelle, tandis que Duda conserve la première place en juillet avec 84,96 % des sites respectant les seuils des Core Web Vitals.
Pourquoi les Core Web Vitals sont importants
Les Core Web Vitals (souvent abrégés CWV) sont un ensemble de métriques définies par Google pour évaluer l’expérience utilisateur d’un site web en termes de rapidité, de stabilité visuelle et de réactivité. Ces mesures ne se contentent pas d’évaluer un simple temps de chargement : elles traduisent comment un visiteur perçoit concrètement l’ouverture et l’utilisation d’une page.
Concrètement, les principaux axes couverts par les Core Web Vitals sont :
- la vitesse d’affichage du contenu principal,
- la stabilité visuelle pendant le chargement,
- la réactivité lors des interactions.
Des pages rapides et stables améliorent l’engagement des internautes et réduisent le taux de rebond, alors que des expériences lentes ou instables peuvent nuire à la satisfaction des visiteurs et aux performances commerciales (taux de conversion, durée des sessions, etc.). Pour les éditeurs et les entreprises, le score CWV est devenu un indicateur opérationnel clé pour mesurer la qualité perçue d’un site.
Comment les données sont collectées
Le rapport combine deux jeux de données publics complémentaires afin de dresser un panorama réaliste et reproductible :
- Chrome UX Report (CrUX) : cet ensemble rassemble des données d’usage réelles issues d’utilisateurs de Chrome qui ont accepté le partage d’informations de performance. Il offre une vue “terrain” du ressenti des internautes sur des sites réels.
- HTTPArchive : il réalise des tests en laboratoire, simulant le chargement de pages pour analyser la structure technique des sites et la conformité aux bonnes pratiques de performance.
La combinaison du champ (données réelles) et du laboratoire (tests techniques) fournit une image plus complète des performances : le CrUX montre ce que vivent les utilisateurs, tandis que l’approche HTTPArchive met en lumière les causes techniques potentielles des problèmes.
Evolution en pourcentage de juin à juillet
Sur la période étudiée, les variations mois‑à‑mois montrent des progrès, mais de différentes ampleurs :
#1 Joomla — plus forte progression (+3,23 %).
#2 Wix — +2,61 %.
#3 Drupal — +1,47 %.
#4 Duda — +1,33 %.
#5 Squarespace — +1,27 %.
#6 WordPress — plus faible augmentation (+0,90 %).
Ces chiffres illustrent les plateformes qui ont le plus amélioré leur proportion de sites « conformes » aux CWV entre juin et juillet. Joomla a connu le bond le plus important, alors que WordPress a progressé à un rythme plus modéré. À noter également la performance notable de Wix, qui a enregistré une amélioration de l’ordre de 2,5 %.
Classement selon le score CWV en juillet
Le classement établi d’après la part de sites respectant les seuils de qualité des Core Web Vitals en juillet est le suivant :
#1 Duda — 84,96 %
#2 Wix — 73,37 %
#3 Squarespace — 68,93 %
#4 Drupal — 60,54 %
#5 Joomla — 54,78 %
#6 WordPress — 44,34 %
Malgré la forte progression de Joomla, elle reste positionnée vers le bas du classement en termes de part de sites conformes. À l’inverse, Duda conserve une avance confortable, confirmant une orientation technique favorable aux critères évalués.
Ce que signifient ces chiffres
Les scores CWV ne sont pas des indicateurs isolés : ils traduisent des différences tangibles dans l’expérience offerte aux internautes. Une plateforme affichant une part élevée de sites conformes tend à proposer, par défaut ou via ses configurations et optimisations, des expériences plus rapides et plus stables.
- Duda se distingue en juillet avec une part de sites respectant les seuils CWV atteignant 84,96 %.
- Joomla affiche la meilleure progression relative, mais reste autour de la moitié des sites conformes (54,78 %).
- Wix et Squarespace occupent des positions intermédiaires solides, mais nettement distantes de Duda en valeur absolue.
- WordPress apparaît en dernière position dans ce comparatif, tant en termes de score absolu qu’en rythme d’amélioration mensuel.
Ces résultats reflètent des tendances techniques (architecture des plateformes, gestion des ressources, scripts tiers, templates, etc.) mais aussi des choix d’implémentation par les utilisateurs (thèmes, plugins, optimisation des médias). Il est donc nécessaire d’interpréter ces données en tenant compte à la fois des comportements des éditeurs et des caractéristiques intrinsèques des plateformes.
Le choix du CMS influe‑t‑il sur le référencement naturel ?
Le débat autour de l’impact d’un système de gestion de contenu sur le positionnement dans les moteurs de recherche revient régulièrement. Certains défendent l’idée que les extensions et l’écosystème de WordPress facilitent le référencement naturel. D’autres soutiennent que des solutions fermées ou propriétaires, conçues pour la performance, offrent un avantage.
Les chiffres du rapport montrent toutefois que la perception n’est pas toujours conforme à la réalité mesurée : dans ce comparatif, WordPress est la plateforme qui affiche la proportion la plus faible de sites conformes aux CWV, alors que des acteurs comme Duda présentent des taux nettement supérieurs.
Pour mettre les ordres de grandeur en perspective : la part de sites CWV conformes sur Duda (84,96 %) est sensiblement plus élevée que celle mesurée pour WordPress (44,34 %). Sur cet indicateur précis, la proportion de sites « satisfaisants » sur Duda est presque le double de celle observée sur WordPress.
Un élément fréquemment évoqué pour expliquer cette différence est la notion de « dette technique » : accumulation de décisions techniques, de compatibilités rétroactives et de code historique qui complexifient les évolutions et peuvent ralentir l’innovation. Cette dette n’est pas propre à WordPress, mais elle est souvent mise en avant en raison de la longue histoire et de l’écosystème extensible du CMS.
Quelques facteurs contribuant à la dette technique dans certains environnements :
- la transformation progressive d’un outil initialement orienté blogging vers un CMS généraliste avec rétrocompatibilité,
- l’ajout de fonctionnalités sur du code ancien nécessitant des adaptations et des contournements pour maintenir la compatibilité avec d’anciennes extensions ou thèmes,
- la diversité et la complexité de l’écosystème (nombre élevé d’extensions tierces, de thèmes, de forks).
La question de la soutenabilité et de l’organisation des contributions a été abordée publiquement lors d’événements communautaires. Par exemple, la discussion tenue à WordCamp EU 2025 est résumée sur le site officiel de WordPress (voir le billet consacré au bilan et aux défis), qui met en lumière des problématiques de surcharge de bénévolat et de maintenance de systèmes historiques.
« Crise d’épuisement et durabilité »
- L’épuisement des contributeurs est généralisé en raison :
- d’exigences bénévoles élevées sans soutien systémique adéquat,
- d’un manque de compensation financière équitable pour le travail continu,
- de la pression liée à la fois au maintien des systèmes hérités et au développement de nouvelles fonctionnalités, provoquant des charges de travail excessives.
« Conséquences »
- perte de connaissances institutionnelles et de contributeurs expérimentés,
- augmentation de la dette technique et ralentissement des cycles d’innovation,
- risque pour la santé à long terme de l’écosystème WordPress.
Récemment, WordPress a changé de rythme de sorties en optant pour une cadence annuelle plus lente. Selon la présentation officielle de ce nouveau rythme, ce choix vise notamment à gagner du temps pour s’attaquer à la dette technique (détails disponibles dans l’annonce).
Malgré ces contraintes, il convient de noter que les sites propulsés par WordPress continuent souvent d’obtenir de bons résultats en référencement. Autrement dit, la plateforme peut rester compétitive sur le plan SEO même si son score CWV moyen est plus faible dans ce comparatif. Cela traduit le fait que le positionnement dans les moteurs de recherche dépend d’un ensemble de facteurs (qualité du contenu, pertinence sémantique, backlinks, optimisation on‑page, architecture de l’information), et pas uniquement des métriques de performance technique.
Toutefois, la performance mesurée par les Core Web Vitals reste essentielle pour d’autres conséquences directes : conversion, fidélisation, coût publicitaire et métriques business mesurables. Le rapport HTTPArchive propose une comparaison technique claire qui classe WordPress en dernière position pour les CWV en juillet (voir le rapport Technology Comparison Report).
Interprétations possibles et limites des données
Quelques éléments contextuels sont utiles pour nuancer l’analyse :
- Représentativité : les mesures CrUX reflètent les sites réellement visités par des utilisateurs réels et qui génèrent suffisamment de trafic pour apparaître dans les jeux de données. Des sites peu visités ou très spécialisés peuvent être sous‑représentés.
- Configuration utilisateur : la performance perçue dépend aussi du template ou des extensions choisis par l’éditeur du site. Une même plateforme peut donc donner lieu à des résultats très différents selon les pratiques d’implémentation.
- Effet des tiers : l’intégration de widgets externes, de scripts publicitaires ou d’outils d’analyse impacte fortement les CWV. Certaines plateformes facilitent ou restreignent l’usage de ces éléments, ce qui influence les scores.
- Cadre temporel : des améliorations rapides peuvent résulter de mises à jour poussées sur la plateforme ou d’initiatives ponctuelles (optimisations automatiques, nouveaux thèmes plus légers, mise à jour du CDN, etc.).
Bonnes pratiques neutres pour améliorer les scores CWV
Indépendamment du CMS utilisé, il existe des mesures techniques et organisationnelles généralement efficaces pour améliorer les indicateurs Core Web Vitals. Ci‑dessous, une synthèse d’approches reconnues par la communauté technique :
- optimiser les images (compression moderne, formats adaptés comme WebP/AVIF, dimensions servies en fonction du viewport),
- mettre en place un cache côté serveur et côté navigateur pour réduire les temps de réponse,
- utiliser un réseau de diffusion de contenu (CDN) pour rapprocher les ressources des visiteurs,
- limiter et différer les scripts tiers et les bibliothèques non essentiels afin de réduire le coût au premier rendu,
- prioriser le chargement du contenu critique (inline critical CSS, lazy‑loading pour les images hors écran),
- évaluer et réduire les changements de mise en page inattendus pour améliorer la stabilité visuelle (réduire le CLS),
- mesurer les interactions utilisateur et optimiser la réactivité (en remplaçant les handlers lourds ou en fractionnant les tâches longues pour améliorer l’INP/FID).
Ces pratiques ne dépendent pas d’une plateforme particulière ; elles concernent principalement la manière dont les ressources sont gérées et servies, ainsi que les choix techniques adoptés lors du développement et du déploiement.
Points spécifiques par plateforme (observations générales)
Le rapport ne détaille pas systématiquement toutes les causes sous‑jacentes, mais on peut faire quelques observations générales basées sur les caractéristiques connues des plateformes :
- Duda : conçoit sa plateforme de façon à privilégier la performance par défaut, avec des optimisations intégrées et une gestion centralisée des assets, ce qui peut expliquer sa position de tête.
- Wix et Squarespace : proposent des solutions tout‑en‑un où de nombreuses optimisations serveur et frontend sont gérées par l’éditeur, ce qui facilite l’atteinte de bons scores pour des éditeurs moins techniques.
- Drupal : conçu pour la flexibilité et la scalabilité, il peut fournir d’excellentes performances dans des configurations maîtrisées, mais demande souvent plus d’intervention technique.
- Joomla : la progression observée suggère des améliorations techniques récentes ou des ajustements apportés par la communauté/thèmes, même si la part de sites conformes reste moyenne.
- WordPress : très extensible et utilisé dans des contextes extrêmement variés ; la liberté offerte conduit parfois à des pratiques moins optimisées (thèmes lourds, plugins mal configurés), d’où un score moyen plus bas si l’optimisation n’est pas priorisée.
Conclusion : quelle lecture retenir des résultats ?
Le Core Web Vitals Technology Report fournit un éclairage précieux sur la manière dont les différentes plates‑formes se comportent au regard d’indicateurs de performance utilisateur. En juillet, Duda ressort comme leader en matière de conformité aux CWV, tandis que WordPress apparaît en dernière position au sein de cet échantillon.
Cependant, il est important de garder à l’esprit que ces métriques ne constituent qu’un volet de l’écosystème SEO et digital. Le choix d’un système de gestion de contenu doit prendre en compte la nature du projet, les compétences disponibles, les besoins fonctionnels et la capacité à appliquer des bonnes pratiques techniques. Quel que soit le CMS retenu, des gains significatifs sont souvent accessibles via une démarche systématique d’optimisation et de mesure.
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