Ben DAVAKAN

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solutions à code source ouvert face aux solutions propriétaires

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Sommaire

Le Core Web Vitals Technology Report publié par la communauté open source HTTPArchive classe les systèmes de gestion de contenu selon leur performance sur les **Core Web Vitals (CWV)** de Google. Les données de novembre 2025 montrent un écart important entre les plateformes : la CMS la mieux classée présente **84,87 %** de sites passant les seuils CWV, tandis que la moins performante affiche **46,28 %**.

Ce qui attire particulièrement l’attention ce mois-ci, c’est que les trois premières places sont occupées par des plateformes propriétaires fermées, alors que les systèmes open source se retrouvent en bas du classement.

Pourquoi les Core Web Vitals sont essentiels

Les Core Web Vitals sont un ensemble de métriques définies par Google pour évaluer la perception de la performance d’un site par les utilisateurs : rapidité d’affichage, stabilité visuelle et réactivité. Ces indicateurs couvrent notamment le temps d’affichage du contenu principal, la stabilité lors du chargement et la réactivité aux interactions. En pratique, des pages qui s’affichent vite et restent stables conservent davantage l’attention des visiteurs et améliorent les résultats commerciaux (conversions, lecture d’articles, affichage de publicités), tandis que des pages lentes ou instables augmentent le taux de rebond et dégradent l’expérience utilisateur.

Plus concrètement, les principaux signaux inclus dans les Core Web Vitals sont :

  • LCP (Largest Contentful Paint) : mesure le temps nécessaire pour afficher l’élément de contenu principal d’une page (image, bloc de texte majeur, etc.).
  • INP (Interaction to Next Paint) — anciennement FID : évalue la réactivité des interactions utilisateur (clics, taps, etc.) et le délai avant que le navigateur ne peigne le résultat.
  • CLS (Cumulative Layout Shift) : quantifie la stabilité visuelle pendant le chargement en mesurant les changements de mise en page inattendus.

Ces mesures sont conçues pour refléter une expérience réelle et perceptible par l’utilisateur. Elles servent donc à la fois d’indicateurs de qualité pour les équipes techniques et de signaux pertinents, bien que secondaires, pour les moteurs de recherche.

Comment les données sont collectées

Le rapport combine deux sources publiques complémentaires :

  • Le Chrome UX Report (CrUX), qui collecte des données de terrain à partir d’utilisateurs de Chrome ayant accepté le partage d’informations de performance pendant leur navigation. Cela donne une image fidèle de l’expérience réelle des visiteurs.
  • L’HTTP Archive, qui effectue des tests en laboratoire (Lighthouse et autres scripts automatisés) pour analyser la façon dont les sites sont construits et vérifier le respect des bonnes pratiques de performance.

La combinaison de ces deux ensembles — données de terrain et tests en laboratoire — permet d’obtenir une vue d’ensemble : le CrUX montre « ce que ressentent réellement les utilisateurs », tandis que l’HTTP Archive met en lumière « comment les sites sont techniquement configurés ». Ensemble, ils fournissent un instantané robuste de la performance des CMS sur les Core Web Vitals.

Classement des CMS selon les scores CWV (novembre 2025)

Voici la hiérarchie observée dans le rapport de novembre 2025, avec les pourcentages de sites respectant les seuils CWV :

Duda — champion numéro un des Core Web Vitals

Duda occupe la première place en novembre 2025, avec **84,87 %** des sites créés sur la plateforme atteignant un score CWV satisfaisant. C’est la seule solution de la comparaison à dépasser la barre des quatre sites sur cinq conformes aux seuils. Duda conserve sa position de leader sur ces métriques depuis plusieurs années, ce qui témoigne d’une optimisation continue de l’éditeur et des modèles qu’il propose.

Les points forts de Duda incluent une intégration native d’optimisations (mise en cache, optimisation des images, chargement différé des scripts tiers, etc.) et un contrôle plus strict sur le rendu des thèmes et widgets, ce qui limite les écarts entre sites.

Wix — deuxième du classement

Wix se classe deuxième, avec **74,86 %** de sites passant les contrôles CWV. Bien qu’il soit environ dix points derrière Duda, Wix dépasse d’environ quatre points le CMS classé troisième dans ce comparatif. La plateforme a multiplié les investissements pour améliorer la performance (optimisations automatiques d’images, CDN intégré, gestion des ressources), ce qui explique une large adoption de bonnes pratiques sur la majorité des sites hébergés.

Squarespace — troisième place

Squarespace arrive en troisième position avec **70,39 %** de sites conformes. Sa performance le place plus près de Wix que de Drupal et lui assure une place stable parmi les plateformes les mieux optimisées pour l’expérience utilisateur. Squarespace propose aussi des templates fortement contrôlés et des optimisations serveur qui contribuent à cette performance.

Drupal — quatrième du palmarès

Drupal se positionne quatrième, avec **63,27 %** de sites passant les critères CWV. Ce résultat le place au milieu du tableau, derrière les trois constructeurs privés. Il est intéressant de noter que les trois CMS en queue de classement sont tous open source — une observation qui invite à questionner la manière dont les écosystèmes open source gèrent la performance au niveau des thèmes, modules et intégrations tierces.

Joomla — cinquième position

Joomla est cinquième avec **56,92 %** des sites conformes aux Core Web Vitals. Plus de la moitié des sites Joomla passent les seuils, mais la plateforme accuse un retard significatif par rapport aux leaders commerciaux. Ce résultat reflète souvent la diversité des configurations possibles et la variabilité des thèmes et extensions installés par les utilisateurs.

WordPress — dernier du classement (6ème)

WordPress termine dernier dans ce comparatif avec **46,28 %** de sites respectant les thresholds des Core Web Vitals. Moins de la moitié des sites WordPress atteignent les bonnes valeurs dans ce relevé. La différence avec Joomla est d’environ dix points, ce qui place WordPress nettement derrière ses concurrents dans ce classement particulier.

Ce résultat surprenant pour certains, étant donné la prévalence de WordPress sur le web, met en lumière des problématiques spécifiques à son écosystème : grande variabilité des thèmes et plugins, complexité des configurations, multiplicité des hébergements et des pratiques de développement.

Pourquoi ces chiffres ont de l’importance

Les scores des Core Web Vitals traduisent des différences concrètes dans l’expérience utilisateur. Les plateformes bien classées offrent des expériences plus rapides et plus stables pour une part plus importante de sites, alors que celles en bas du classement exposent davantage d’utilisateurs à des pages lentes ou instables. Dans la comparaison de novembre 2025, l’écart entre Duda et WordPress approche les **38,59 points** — près de 40 points, ce qui est substantiel.

Même si l’on peut imputer une partie de la responsabilité au riche écosystème WordPress (thèmes divers, plugins mal optimisés, nombreuses personnalisations), le constat demeure : dans ce rapport, WordPress se retrouve en queue de peloton. Cela soulève des questions sur la gouvernance de la performance dans cet écosystème. Par exemple, l’introduction de normes de performance pour les thèmes et plugins, ou la mise en place d’un label/certification, pourrait encourager les développeurs à prioriser l’optimisation.

Autre point essentiel : la performance a des conséquences directes et mesurables sur les objectifs métiers (taux de conversion, engagement, revenus publicitaires). Même si Google considère les Core Web Vitals comme un facteur de classement « mineur » comparé à la qualité du contenu et à l’autorité, ils restent déterminants pour l’expérience utilisateur — et donc pour les résultats à court terme.

Les CMS influencent-ils le référencement ?

La question revient souvent : le choix d’un CMS impacte-t-il le positionnement dans les moteurs de recherche ? La réponse nuancée est : « oui, mais ce n’est pas automatique ». Plusieurs éléments entrent en jeu :

  • La qualité du contenu et la stratégie éditoriale restent les facteurs majeurs.
  • La structure technique du site, la gestion des balises, la vitesse et l’accessibilité influencent le crawling et l’expérience utilisateur.
  • Les outils SEO intégrés au CMS (réécritures d’URL, balisage sémantique, plan XML, gestion des métadonnées) facilitent le travail mais ne remplacent pas une stratégie de contenu solide.

Des plateformes privées comme Duda, Wix et Squarespace ont investi fortement dans des fonctionnalités SEO automatisées et des optimisations par défaut, réduisant ainsi le risque d’erreurs techniques pour des utilisateurs non experts. En revanche, les CMS open source, offert une flexibilité maximale, mais exigent davantage de vigilance et de compétence pour atteindre un niveau de performance équivalent.

En pratique, les Core Web Vitals sont un facteur de classement parmi beaucoup d’autres. Certains sites rapportent des gains SEO tangibles après l’amélioration des CWV, notamment sur des pages commerciales sensibles au taux de rebond. Toutefois, améliorer les Core Web Vitals produit des bénéfices immédiats sur l’expérience et les conversions, indépendamment de toute progression dans les SERP.

Limites et caveats du rapport

Avant de tirer des conclusions hâtives, il est important de comprendre les limites du rapport :

  • Échantillonnage : Le CrUX se base uniquement sur les utilisateurs de Chrome ayant activé le partage des données. Les comportements peuvent varier selon les navigateurs et les régions.
  • Hétérogénéité des sites : Un CMS peut servir à créer des sites très différents (blogs, boutiques, plateformes complexes). Le score moyen masque la diversité interne.
  • Influence de tiers : Les intégrations externes (publicité, widgets sociaux, outils d’analytics) peuvent fortement dégrader les métriques, indépendamment du CMS lui-même.
  • Conditions réseau et matériel : Les mesures de terrain reflètent la réalité des connexions et appareils des utilisateurs — un site optimisé sur un réseau fixe peut souffrir sur mobile 3G.
  • Mises à jour : Les versions du CMS, des thèmes et des plugins évoluent constamment. Les classements sont donc des instantanés et peuvent changer rapidement.

Que peuvent faire les éditeurs et développeurs de CMS ?

Pour améliorer la situation au niveau d’un écosystème, plusieurs mesures sont possibles :

1. Définir des standards de performance

Instaurer des directives de performance minimales pour les thèmes et plugins publiés dans les répertoires officiels. Ces règles pourraient inclure l’optimisation des images, l’usage mesuré des scripts tiers, le support du lazy-loading, et la compatibilité avec les techniques de mise en cache.

2. Proposer des modèles optimisés

Fournir des thèmes “core” ou des modèles certifiés optimisés pour les Core Web Vitals. Cela aide les utilisateurs non techniques à démarrer avec une base performante.

3. Outils natifs de diagnostic

Intégrer dans l’interface d’administration des outils de monitoring en temps réel (alertes LCP/CLS/INP, recommandations automatiques) pour aider les éditeurs à identifier et corriger les problèmes dès la conception.

4. Sensibilisation et formation

Former les développeurs d’extensions et les créateurs de thèmes aux meilleures pratiques : chargement asynchrone des scripts, critical CSS, images modernes (WebP/AVIF), préchargement critique, etc.

5. Contrôles qualité au dépôt

Soumettre les thèmes et plugins à un processus de revue automatique et manuel qui vérifie les impacts sur la performance avant publication.

Conseils pratiques pour améliorer les Core Web Vitals quel que soit le CMS

Que vous utilisiez WordPress, Drupal, Joomla, ou une plateforme propriétaire comme Wix ou Duda, la plupart des optimisations techniques sont communes. Voici un guide opérationnel :

Optimisation du serveur et de l’hébergement

  • Choisir un hébergeur performant et adapté au trafic.
  • Activer la compression HTTP (gzip/deflate) et les entêtes de cache.
  • Utiliser un CDN pour rapprocher les ressources des utilisateurs et réduire la latence.

Images et médias

  • Servir des images dans des formats modernes (WebP, AVIF) quand c’est possible.
  • Redimensionner et compresser les images au plus juste.
  • Mettre en place le lazy-loading pour les images hors écran.
  • Privilégier les images responsives (srcset) pour adapter la résolution au device.

Contrôle du JavaScript et CSS

  • Minimiser, concaténer et compresser les fichiers CSS/JS.
  • Reporter ou charger de façon asynchrone les scripts non essentiels (third-party trackers, widgets sociaux).
  • Isoler le critical CSS en inline pour accélérer le rendu initial.
  • Éviter le rendu bloquant au-dessus de la ligne de flottaison.

Réactivité et interactions

  • Évaluer le coût des handlers JavaScript sur la réactivité et optimiser les événements.
  • Utiliser des techniques de délégation et réduire le travail sur le thread principal.
  • Mesurer l’INP/ FID et cibler les scripts les plus coûteux.

Stabilité visuelle

  • Réserver les espaces pour la publicité et les images afin d’éviter les layout shifts.
  • Définir les dimensions (width/height) pour les images et les iframes.
  • Utiliser des placeholders ou skeletons pour le chargement de contenu dynamique.

Surveillance et tests

  • Surveiller en continu via des outils de terrain (CrUX, données RUM) et de laboratoire (Lighthouse, WebPageTest).
  • Définir un budget performance (taille JS, temps de chargement) et alerter en cas de dépassement.
  • Prioriser les pages à fort trafic ou à forte valeur ajoutée (pages produits, articles phares).

Mesurer correctement : outils et méthodologies

Plusieurs outils permettent de mesurer et diagnostiquer les Core Web Vitals :

  • PageSpeed Insights : combine données de terrain (CrUX) et mesures de laboratoire (Lighthouse).
  • Lighthouse : fournit un audit détaillé en environnement contrôlé.
  • WebPageTest : très utile pour simuler différentes conditions réseau et appareils.
  • Données RUM via des solutions analytiques (Google Analytics, outils APM) pour surveiller l’expérience réelle.

Il est important de se baser sur une combinaison de mesures : les tests de laboratoire aident à déboguer le code et à simuler les optimisations, tandis que les données de terrain confirment l’impact réel sur les utilisateurs.

Que signifie ce rapport pour les décideurs et propriétaires de sites ?

Pour les responsables marketing, directeurs techniques ou éditeurs de contenu, ce classement délivre plusieurs enseignements :

  • La plateforme par défaut n’assure pas automatiquement la performance : une bonne part de la responsabilité revient aux choix techniques et aux pratiques de développement.
  • Une plateforme bien optimisée par défaut réduit les frictions pour des équipes non techniques.
  • Investir dans la performance est rentable : elle augmente la satisfaction utilisateur, réduit le taux de rebond et améliore les conversions.
  • Pour les sites à fort enjeu commercial, il est recommandé de monitorer les Core Web Vitals en continu et de prioriser les optimisations sur les pages stratégiques.

Perspectives pour l’écosystème WordPress

Le résultat faible de WordPress dans ce rapport doit être pris comme un signal d’alerte, mais pas comme une condamnation. WordPress alimente une part énorme du web et sa flexibilité est une force — cependant, cette diversité engendre une grande variabilité des performances.

Des pistes concrètes pour l’écosystème WordPress :

  • Encourager les développeurs de thèmes et plugins à adopter des pratiques de performance et à documenter l’impact de leurs modules.
  • Promouvoir des thèmes légers par défaut et des starters kits optimisés pour les Core Web Vitals.
  • Intégrer davantage d’outils natifs de diagnostic dans l’administration (tableau de bord performance, recommandations).
  • Organiser des labels de qualité ou des tests automatiques lors des mises à jour sur le dépôt officiel.

Conclusion — interpréter sans sur-interpréter

Le classement de novembre 2025 du Core Web Vitals Technology Report met en évidence une réalité : certaines plateformes, souvent propriétaires, parviennent à délivrer des expériences plus performantes par défaut, tandis que l’écosystème open source, plus fragmenté, présente davantage de sites sous-optimisés. Toutefois, le choix d’un CMS n’est qu’un facteur parmi d’autres. La qualité du contenu, la stratégie SEO, l’architecture technique et la rigueur opérationnelle déterminent en grande partie les performances réelles d’un site.

Pour les équipes techniques et décisionnaires, l’important est d’adopter une démarche proactive : mesurer, prioriser, corriger et surveiller. Les gains en terme d’expérience utilisateur et de conversions justifient souvent les efforts nécessaires à l’amélioration.

Le rapport HTTPArchive est accessible via la plateforme de visualisation et fournit des tableaux détaillés pour creuser les données par CMS et par métrique. Il s’agit d’une ressource utile pour comparer, diagnostiquer et planifier des actions d’optimisation. Vous pouvez consulter la version publique du rapport sur Looker Studio, sachant qu’une nouvelle version de ce rapport est en cours de déploiement et pourra modifier certaines fonctionnalités et options temporelles.

Featured Image by Shutterstock/Red Fox studio

Références

  • HTTPArchive — Core Web Vitals Technology Report
  • Chrome UX Report (CrUX) — documentation officielle
  • Google Developers — Documentation Core Web Vitals (LCP, INP, CLS)
  • PageSpeed Insights & Lighthouse — guides pratiques