Ben DAVAKAN

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dois-je revoir ma stratégie éditoriale pour les grands modèles de langage ?

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Sommaire

Pour cette édition de la rubrique « Ask an SEO », la question posée était la suivante :

« Dois‑je repenser ma stratégie de contenu à l’ère des **LLMs** et par où commencer ? »

Je vais détailler ici pourquoi le parcours client reste non linéaire et à quel moment les **LLMs** interviennent. J’aborderai aussi la façon de réévaluer les attentes en matière de **trafic**, d’auditer la perception que les **LLMs** ont d’une marque, et l’importance d’une identité de marque cohérente pour apparaître comme une source d’**autorité** tant pour les internautes que pour les systèmes automatisés.

La vidéo correspondante est intégrée ci‑dessous pour référence.

Note de l’éditeur : la transcription qui suit a été condensée et reformulée pour la clarté et la concision, conformément aux lignes directrices éditoriales.

Ne précipitez pas une refonte complète de votre approche

En premier lieu, il convient de ne pas se lancer dans une transformation radicale et immédiate. Le brouhaha autour des **LLMs** est intense, et de nombreux conseils circulent sur les réseaux sociaux encourageant à « tout changer » dès maintenant. Or, la situation est loin d’être stable.

Par exemple, la fonctionnalité **AI Mode** n’est pas encore intégrée au cœur des résultats de recherche classiques. Tant que ce type d’intégration n’est pas généralisé — que **AI Mode** passe d’un onglet expérimental à une position centrale dans les pages de résultats — l’écosystème peut évoluer de façon significative et imprévisible.

Je pense personnellement que l’interface et le rendu final pourraient ressembler davantage à la démonstration initiale de Gemini, avec des formats de réponse sur mesure selon le type de requête, plutôt qu’à une sortie textuelle proche d’un chatbot générique. Autrement dit, Google et d’autres acteurs pourraient finir par proposer plusieurs expériences distinctes (moteur de recherche classique vs système à base de **LLMs**), ce qui modifierait les points de contact et les attentes des utilisateurs.

Conclusion pratique : il est plus prudent d’observer et d’anticiper que de tout réécrire à la hâte. Adapter votre stratégie progressivement, en testant, en auditant et en conservant les fondamentaux, sera généralement plus efficace qu’une refonte panique.

Revoir vos attentes sur le **trafic** généré par les LLMs

Un point central à réévaluer concerne les volumes et la nature du **trafic** que les **LLMs** peuvent fournir. Beaucoup d’échanges récents se focalisent sur les **citations** et l’idée que ces systèmes renverront massivement des clics. Cette vision est réductrice.

À mon avis, les **mentions** ont souvent une valeur supérieure aux **citations** directes dans l’écosystème des **LLMs**. Les **LLMs** cherchent à synthétiser l’information en un point d’accès conversationnel, et ce qui compte vraiment, dans ce contexte, c’est la présence et la réputation d’une marque à travers le web — comment elle est évoquée, par qui et dans quel contexte.

Illustration concrète : lorsqu’un consommateur s’interroge sur une paire de chaussures, son parcours peut inclure plusieurs étapes non linéaires : recherche Google, lecture d’articles, visites sur des marketplaces comme Amazon, consultation de vidéos YouTube, et retours vers des comparateurs de prix. L’ajout d’un **LLM** à ce parcours ne transforme pas nécessairement le flux en une seule source de trafic dirigée vers un site donné. Le **LLM** peut répondre directement, orienter vers plusieurs options, ou simplement servir d’étape exploratoire.

Autre exemple : **ChatGPT** n’est pas conçu principalement pour générer des **citations** ou du **trafic** vers des pages web. Sa valeur première est la qualité des réponses et l’interactivité. Dans beaucoup d’expériences, les **citations** n’apparaissent qu’après plusieurs échanges successifs. D’autres modèles, comme **AI Mode** ou **Perplexity**, intègrent davantage de liens et de références, mais leur objectif principal reste la synthèse d’information et l’orientation, pas le renvoi massif d’utilisateurs vers un domaine spécifique.

En conséquence, si l’on considère les **LLMs** comme des canaux directs de génération de **trafic**, on risque d’être déçu. Il est plus judicieux d’identifier comment les **mentions** et la réputation digitale influencent les décisions d’achat et la visibilité dans des environnements où les réponses sont synthétisées et présentées de façon conversationnelle.

Impacts selon les types d’activité

Les implications ne sont pas uniformes pour toutes les organisations. Par exemple :

  • Pour les sites e‑commerce, la priorité peut rester la conversion directe via marketplaces et pages produits optimisées ; les **LLMs** agiront surtout comme un point d’entrée informationnel.
  • Pour les éditeurs et les sites de revue, obtenir des **citations** peut valoriser la marque et générer une reconnaissance qui se transforme en **mentions** par d’autres médias.
  • Pour les entreprises B2B, la construction d’**autorité** sectorielle et les **mentions** sur des ressources spécialisées ou académiques auront un impact plus important sur la perception par les **LLMs**.

Autrement dit, la valeur d’un clic est souvent moins critique que la manière dont votre marque est représentée et référencée dans l’écosystème numérique.

Synergie et contexte : pourquoi le contenu doit s’insérer dans un écosystème

Pour apparaître favorablement dans les réponses générées par les **LLMs**, le contenu ne doit pas exister en silo. La façon dont il est relié au reste du web — partages, citations, discussions, mentions sur des forums, liens depuis des sites spécialisés — est souvent plus déterminante que la page elle‑même.

Les **LLMs** ne se contentent pas de classer les pages comme le ferait un moteur de recherche traditionnel : ils cherchent à synthétiser des fragments à partir de diverses sources pour produire une réponse cohérente et condensée. Ainsi, ce qui se dit autour de votre contenu (contexte, tonalité, réseau d’articles similaires) influence fortement la probabilité d’être utilisé comme **source** ou d’être simplement mentionné.

Conséquences pratiques :

  • Travaillez la cohérence éditoriale et la répétition de messages clés sur différents canaux pour que votre profil thématique soit identifiable.
  • Favorisez les contributions sur des sites de référence et des communautés spécialisées pour multiplier les **mentions** qualitatives.
  • Assurez‑vous que vos pages principales disposent d’un maillage interne et d’un balisage sémantique clair afin que, lorsqu’un **LLM** examine des morceaux d’information, il puisse rattacher facilement ces fragments à votre entité.

Corrélation versus causalité

Un point fréquent d’interprétation erronée est l’idée que les pages qui performent bien dans les résultats classiques obtiendront automatiquement la meilleure visibilité via **LLMs**. Il peut exister une corrélation, mais ce n’est pas une garantie de causalité. Les **LLMs** privilégient la capacité à synthétiser un ensemble d’informations pertinentes plutôt que la seule performance SEO classique.

Cela signifie qu’une stratégie efficace combine optimisation sur page (qualité du contenu, structure, pertinence) et diffusion hors‑site (partenariats, newsletters, citations dans des contenus tiers). L’objectif est que la marque soit reconnue comme une **source** fiable et cohérente dans son domaine.

Réaliser un **audit** pour évaluer la perception des LLMs

Mettre en place un **audit** ciblé vous permettra de comprendre comment les **LLMs** perçoivent votre marque et votre marché. Voici une méthode pratique et structurée pour réaliser cet audit.

Étapes de l’audit

  1. Définir les requêtes et scénarios utilisateurs : identifiez les questions que les clients potentiels posent réellement (requêtes orientées produit, comparatifs, problèmes à résoudre). Classez‑les par intention (informationnelle, commerciale, transactionnelle).
  2. Interroger plusieurs **LLMs** : posez ces questions à différents modèles (**ChatGPT**, **AI Mode**, **Perplexity**, etc.) et consignez les réponses, la présence ou l’absence de **citations**, le ton et la nuance (positif, neutre, négatif).
  3. Analyser la tonalité et les divergences : notez les différences entre réponses, identifiez les points d’hésitation, les objections récurrentes ou les comparaisons défavorables.
  4. Tracer l’origine des informations : quand un **LLM** cite une **source**, examinez cette source et vérifiez si elle reflète fidèlement votre contenu ou si la représentation est déformée.
  5. Cartographier les **mentions** hors‑site : recensez les lieux où votre marque est évoquée (blogs, forums, réseaux sociaux, revues spécialisées) et analysez la tonalité et la consistance des messages.
  6. Prioriser les écarts : définissez les sujets où la perception du **LLM** diverge le plus de votre positionnement souhaité et élaborez un plan éditorial et relationnel pour corriger ces points.

Exemples d’indicateurs à suivre

  • Proportion de réponses qui incluent une **citation** ou un lien.
  • Tonalité moyenne (échelle négative / neutre / positive) pour les mentions de la marque.
  • Fréquence des points d’objection cités par les **LLMs**.
  • Sources externes citées le plus souvent lorsqu’on parle de votre catégorie de produit ou de service.

Observations fréquentes

Dans mes analyses, les **LLMs** tendent à adopter un ton neutre à légèrement positif. Ils incorporent parfois de petits éléments négatifs dans des réponses globalement favorables, ce qui peut masquer des hésitations utilisateur sous la surface. Par exemple, un modèle pourrait répondre « Les Dodgers jouent bien cette saison… » mais, pour une équipe moins performante, nuancer la réponse avec une série d’observations. Ces nuances sont des indices précieux quant aux doutes qu’expriment les consommateurs et qui doivent être abordés dans votre contenu.

Comment influencer ce que disent les LLMs de votre marque

Vous ne pouvez pas « contrôler » directement la sortie d’un **LLM**, mais il est possible d’orienter l’écosystème d’information de manière à ce que ces modèles retrouvent et synthétisent des éléments qui reflètent votre message. Cela commence par une stratégie de marque claire et se poursuit par des efforts concertés pour aligner contenus et mentions.

Construire une identité de marque exploitable par les machines

La question à se poser n’est pas seulement « Que doivent dire les **LLMs** ? », mais « Que doivent dire les personnes à propos de notre marque ? ». Une réponse à cette question se décline en plusieurs travaux :

  • Définir précisément votre positionnement : formuler en interne des messages-clés concis et répétables (qui vous êtes, ce que vous apportez, pour qui).
  • Documenter votre expertise : produire des contenus approfondis qui démontrent l’autorité sur des sujets précis (études, guides complets, synthèses sectorielles).
  • Favoriser la cohérence : veiller à l’alignement des messages sur toutes les plateformes afin que les **mentions** reflètent la même réalité.
  • Encourager des mentions qualitatives : travailler avec des partenaires éditoriaux, obtenir des revues spécialisées ou des contributions d’experts pour multiplier les points de vue indépendants qui renvoient à votre marque.

Contenu et formatage pour la synthèse

Les **LLMs** sont plus susceptibles d’extraire et d’utiliser des informations qui sont structurées, contextualisées et répétées. Quelques bonnes pratiques :

  • Utiliser des résumés clairs en haut de page (extraits structurés) et des sections FAQ pour faciliter l’extraction d’informations.
  • Employer un balisage sémantique riche (balises de données structurées, titres clairs, listes) pour que les éléments importants soient plus aisément identifiables.
  • Publier des contenus qui répondent directement aux questions utilisateur et qui incluent des preuves (données, études, citations externes) afin d’augmenter la crédibilité perçue.

Renforcer la réputation hors‑site

Les **LLMs** se basent sur l’écosystème global. Pour influer sur ce qu’ils « apprennent », travaillez à multiplier les **mentions** porteuses :

  • Contribuer à des publications de référence et participer à des discussions de niche pour ancrer votre expertise.
  • Encourager des revues et des témoignages clients sur des plateformes indépendantes.
  • Maintenir une présence documentaire (livres blancs, études) qui peut être citée comme **source** par des tiers.

Plan d’action opérationnel et priorisation

Voici un plan d’actions structuré, sans ordre strict mais priorisable selon vos ressources et votre secteur :

  1. Mener l’audit d’abord : identifiez les requêtes prioritaires et la perception actuelle des **LLMs**.
  2. Renforcer l’identité de marque : formalisez messages-clés, positionnement et publics cibles.
  3. Optimiser le contenu existant : clarifier les pages piliers, enrichir les FAQ et structurer les informations importantes.
  4. Amplifier les mentions hors‑site : obtenir des citations dans des publications tierces, et multiplier les contenus qui renvoient à vos ressources.
  5. Surveiller et réitérer : répétez l’audit périodiquement, suivez les indicateurs (tonalité, fréquence des **mentions**, présence de **citations**) et ajustez la stratégie.

Considérations par type de **LLM** et par canal

Tous les modèles ne se valent pas et n’ont pas la même finalité :

  • **ChatGPT** privilégie la conversation et la synthèse ; il n’est pas initialement orienté vers le référencement. Les **citations** y apparaissent moins fréquemment.
  • **AI Mode** offre davantage d’éléments renvoyant à des sources et peut évoluer vers un format plus intégré aux pages de résultats. Sa place dans l’écosystème est à surveiller.
  • **Perplexity** et d’autres modèles concurrents tendent à présenter des références plus explicites, mais l’expérience utilisateur varie.

Une stratégie équilibrée prend en compte ces différences et conçoit des formats adaptés (fiches produit structurées pour e‑commerce, articles détaillés pour l’autorité, contenus courts et précis pour la découverte conversationnelle, etc.).

Risques et limites à garder en tête

Quelques points de vigilance :

  • Les **LLMs** synthétisent l’information mais peuvent parfois agréger des erreurs provenant de sources peu fiables. La qualité des **mentions** externes est donc primordiale.
  • La dépendance excessive à une seule plateforme ou à un seul modèle pose un risque stratégique si l’algorithme ou l’interface évolue.
  • Les efforts visant uniquement à « manipuler » les réponses des **LLMs** (pratiques de faible valeur ajoutée) peuvent nuire à la réputation et à la confiance sur le long terme.

Dernières réflexions

Les **LLMs** risquent de modifier la manière dont les consommateurs découvrent et consomment l’information, mais poursuivre uniquement des **citations** et des clics n’est pas une stratégie pérenne. Les fondamentaux restent essentiels : une identité de marque claire, la construction d’**autorité**, et la cohérence des messages.

Plutôt que de courir après une hypothétique source massive de **trafic**, il est préférable de :

  • Privilégier la construction d’un profil cohérent et reconnu dans votre domaine.
  • Mesurer et améliorer la manière dont votre marque est mentionnée et décrite à travers le web.
  • Adapter progressivement votre contenu pour faciliter la synthèse par les **LLMs**, tout en conservant l’expérience utilisateur et la pertinence pour la recherche traditionnelle.

En résumé, travailler sur l’**audit**, la cohérence des **mentions**, et la solidité de la **brand identity** produit des bénéfices transférables à la fois pour les utilisateurs humains et pour les systèmes automatisés d’aujourd’hui et de demain.

Ressources complémentaires :


Image de présentation : Paulo Bobita / Search Engine Journal

Pour référence, une recherche exemple analysée dans le texte : exemple de requête produit.